Transposition d’une méthodologie industrielle d’Aseptic Process Simulation aux préparations de chimiothérapies à l’hôpital
30 septembre 2026
L. Hamlaoui-Chareuf 1, J. Poizot 1, J. Courtin 1, A. Lecoutre 2, C. Lestrez 2, M. Vasseur 1,3, P. Odou 1,31 Institut de Pharmacie, CHU de Lille, F-59000 Lille, France.
2 Direction Qualité, Risques et Expérience Patient, CHU de Lille, F-59000, France.
3 Univ. Lille, ULR 7635 - GRITA - Groupe de Recherche sur les formes Injectables et les Technologies Associées, F-59000 Lille, France.
Introduction
La préparation de chimiothérapies à l’hôpital répond aux exigences des Bonnes Pratiques de Préparation 2023 imposant la réalisation de Tests de Remplissage Aseptique pour valider le procédé aseptique et qualifier les opérateurs. Les Aseptic Process Simulation (APS) encadrés par les Bonnes Pratiques de Fabrication 2024, y ajoutent la notion d’analyse du risque de contamination microbiologique (RCM), selon une approche « au pire des cas ». Face à l’augmentation de l’activité, à la diversité des modes opératoires (MO) et à la coexistence des procédés de préparation dans notre unité : préparation manuelle (PM) et robotisée (PR), l’objectif de ce travail est de développer un outil permettant d’identifier les MO les plus à RCM dans chaque procédé, pour établir un protocole d’APS basé sur la méthodologie industrielle.
Matériels et méthodes
Un groupe de travail (GT) pluridisciplinaire a élaboré une grille de cotation du RCM des procédés de préparation. Les MO actifs et les dispositifs de préparation associés ont été extraits du logiciel CHIMIO® pour analyse permettant de définir les critères de cotation (CC). Les CC regroupés en 3 axes (principe actif, solvant de dilution, conditionnement final), couvraient l’ensemble des étapes de préparation. Une échelle de score du RCM a été définie pour la cotation de tous les MO, allant de 1 à 4 (du moins au plus à RCM) ou de 1 à 2 lié au fonctionnement de l’automate. Un score global (SG) exprimé en pourcentage, a été calculé par addition de chaque CC pour le classement des MO en fonction de leurs RCM. Les étapes et interventions critiques non liées au MO ont été recensées pour intégration dans les protocoles d’APS.
Résultats : Le GT comprenait 4 membres : préparateur, interne, pharmacien et ingénieur qualification. Deux grilles de cotation ont été créées : une pour le PM et une pour le PR. La grille du PM comptait 19 CC côtés de 1 à 4 ; celle du PR comptait 14 CC dont 12 côtés de 1 à 4 et 2 de 1 à 2. L’extraction comptait 395 MO pour le PM, hors essais cliniques et 44 pour le PR. En PM, les SG variaient de 5,2 à 64,5% ; maximum atteint par 2 MO « Melphalan POCHE NaCl 3% » et « Blinatumomab cassette ». Le SG moyen était 42,6 ± 8,7 (%) et médian 40,8%. Pour le PR, les SG allaient de 53,8 à 80,8%, maximum atteint par le MO « Cyclophosphamide » avec un SG moyen à 63,4 ± 7,3 (%) et médian 60,6%. Treize situations à risque ont été listées pour le PM et 9 pour le PR, telles que : « connexion sas reliquat » pour le PM ou « perturbation aéraulique liée au besoin de l’automate » pour le PR.
Discussion/conclusion
Ce travail a permis de construire un outil objectif de cotation du RCM afin rédiger les protocoles d’APS intégrant les MO et les situations les plus à RCM définissant ainsi les scénarii. Cette méthodologie permet d’en justifier la pertinence sans multiplier les APS malgré la diversité des MO et dispositifs utilisés. A terme, cette méthodologie pourra être étendue à d’autres procédés de préparation aseptique et automates.