Quelle durée maximale de conservation attribuer aux préparations injectables stériles ? Une approche de classification hiérarchique fondée sur le risque
30 septembre 2026
F. Kérourédan 1, P. Gueroue 1, G. Bouguéon 1,2, M. Sangnier 3, A. Berroneau 11. Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux, Pessac, France
2. Laboratoire ARNA, ChemBioPharm, INSERM U1212, UMR 5320 CNRS, Université de Bordeaux, France
3 Groupe Hospitalier Saintes-St-Jean-d’Angély, Saintes, France
Introduction
Malgré l’intégrité physique et microbiologique démontrée des conditionnements primaires, une stabilité physicochimique validée, la qualification des opérateurs et équipements et la conformité aux Bonnes pratiques de préparation 2023, la durée maximale de conservation microbiologique reste incertaine. Le consensus GERPAC [1] propose une approche fondée sur le risque. L’objectif de ce travail était d’explorer l’attribution de durées limites d’utilisation sur le plan microbiologique à partir d’une classification des préparations selon leur niveau de risque.
Matériels et méthodes Une équipe de pharmaciens et préparateurs en pharmacie a analysé 134 protocoles couvrant 119 molécules (> 65 000 préparations/an). Les étapes à risque recensées étaient : nombre de flacons à reconstituer, prélèvements, transferts, dilutions, retraits/ajouts de solvant et filtration. La grille développée combine le nombre d’étapes et le risque associé, la nature du principe actif et la voie d’administration ; le score classe les préparations selon trois niveaux de risque : faible, intermédiaire ou élevé.
Résultats/Discussion
Les préparations à faible risque étaient en majorité issues de flacons prêts à l’emploi, dont des anticorps monoclonaux, avec 1 à 3 étapes de préparation et une administration intraveineuse. Celles à risque élevé associaient reconstitution de plusieurs flacons, transferts et/ou ajouts/retraits de volumes, > 5 étapes et/ou voie à haut risque (ex. intrathécale). La durée de conservation pourrait être adaptée au score de complexité attribué, questionnant l’anticipation des préparations complexes. En production anticipée et en série, l’analyse doit aussi intégrer les facteurs associés au cycle de vie d’une préparation : retours de préparations non administrées, réattributions multiples et ruptures temporaires de chaîne du froid.
Conclusion
L’attribution d’une durée de conservation microbiologique relève du pharmacien et de son appréciation du risque, expliquant la variabilité entre établissements. L’approche développée vise à objectiver certains déterminants du risque en intégrant la complexité des protocoles de préparation. L’étude des facteurs associés au cycle de vie de la préparation, et une validation par des MFT adaptés est envisagée avec l’objectif d’un déploiement futur à plus large échelle.
[1] Crauste-Manciet S, Krämer I, Lagarce F, Sautou V, Beaney A, Smith J, Fenton-May V’I, Hecq JD, Sadeghipour F, Le Brun P. GERPAC Consensus Conference – Guidance on the Assignment of Microbiological Shelf-life for Hospital Pharmacy Aseptic Preparations. Pharmaceutical Technology in Hospital Pharmacy, 2020, DOI:10.1515/pthp-2020-0001