Evaluation d’un nouveau dispositif d’administration du daratumumab par voie sous-cutanée
30 septembre 2026
W. Johnson, C. Laruelle, A. Abomo Ngoo, J. Maslo, J. Georger, MA. Marchal, J. Chappe, M. Rigal, A. Jacolot, S. SinghPharmacie à Usage Intérieur, APHP Hôpitaux Universitaires Paris-Seine-Saint-Denis, Site Avicenne, 93000 Bobigny, France
Introduction - Objectif
Le daratumumab est un anticorps monoclonal anti-CD38 utilisé principalement dans le traitement du myélome, administré par voie sous-cutanée en 3 à 5 minutes. Son mode d’administration peu ergonomique est source de troubles musculosquelettiques (TMS) chez le personnel infirmier (IDE). L’utilisation d’un pousse seringue électrique (PSE) est exclue pour ce traitement administré en Hôpital de Jour (HDJ) pour des contraintes organisationnelles. Dans ce contexte une pompe avec set d’administration sous-cutanée (Versapump, NS Medical), a été évaluée.
Matériel et méthodes
Le dispositif évalué est une pompe mécanique à ressort calibré équipée d’un régulateur de débit, reliée à un prolongateur de 70cm avec une aiguille à ailettes sertie 26G 9mm sécurisée. Une étude prospective a été menée sur une durée d’un mois au sein de l’HDJ Hématologie. Un questionnaire destiné aux IDE et aux patients a été rédigé. Les critères d’évaluation pour chaque administration comprenaient : ergonomie pour les IDE, performance d’injection à travers la mesure du temps d’administration, et confort patient, uniquement chez ceux ayant déjà reçu au moins une administration préalable avec l’injection manuelle. L’impact économique a également été évalué.
Résultats
Au total, 33 administrations réalisées par 5 IDE, sur les 6 dédiés à l’activité, ont été analysées. Les IDE sont tous satisfaits (100 %) concernant l’ergonomie du dispositif avec une absence de TMS à l’utilisation (absence de douleur aux pouces et d’inconfort postural). Une amélioration du confort perçu par les patients est retrouvée avec 99 % rapportant une diminution des douleurs lors de l’injection (surpression SC moins douloureuse). Le temps moyen d’administration est de 4,84 ± 0,50 min (extrêmes 4,3 ; 6,4) avec un coefficient de variation de 10% indiquant une répétabilité acceptable. Le volume mort de 0,28mL pour un volume total de 15mL est jugé négligeable. L’analyse économique montre un surcoût important du dispositif mécanique comparativement à l’injection manuelle (+ 4 000 € avec utilisation d’un microperfuseur SC à +10 000 € avec utilisation d’une aiguille hypodermique, pour 2 000 administrations de daratumumab SC par an).
Discussion - Conclusion
Le dispositif mécanique permet l’optimisation de l’administration SC du daratumumab grâce à une amélioration ergonomique pour l’IDE et une diminution des douleurs à l’injection pour le patient. Une fiabilité du débit administré a été observée, malgré un contrôle de débit moins performant qu’un PSE, mais avec l’avantage d’un temps de montage moins long pour un temps d’administration court, et l’absence d’alimentation électrique. Le surcoût élevé du dispositif pourrait néanmoins être compensé par une amélioration ergonomique indiscutable pour les IDE et un net gain organisationnel.