Développement pharmaceutique et caractérisation par chromatographie liquide haute performance d’une formulation ophtalmique d’insuline avec méthode analytique indicatrice de stabilité pour le traitement des défauts épithéliaux cornéens persistants
1er octobre 2026
A. Mariot, M. Barrieu, Y. Bouattour, P. ChennellUniversité Clermont-Ferrand Auvergne, CHU Clermont-Ferrand, CNRS, Sigma Clermont, ICCF, F-63000 Clermont-Ferrand, France
Objectifs
Les défauts épithéliaux cornéens persistants constituent une affection ophtalmologique difficile à prendre en charge. L’insuline topique s’est imposée comme une approche thérapeutique prometteuse pour favoriser la cicatrisation de l’épithélium cornéen. Cependant, le développement pharmaceutique des formulations ophtalmiques d’insuline reste insuffisamment standardisé. Cette étude avait pour objectifs de développer une formulation ophtalmique d’insuline sans conservateur, adaptée à la préparation pharmaceutique, et de mettre au point et valider une méthode analytique indicatrice de stabilité pour le dosage de l’insuline.
Méthodes
Trois préparations commerciales d’insuline ont d’abord été évaluées comme sources potentielles de principe actif pour la préparation ophtalmique. Quatre formulations contenant différents excipients ont ensuite été étudiées dans le cadre d’une étude rationnelle de préformulation. Les caractéristiques physicochimiques ont été évaluées. L’insuline glulisine (IG) a été sélectionnée pour la poursuite du développement. Une méthode de chromatographie liquide haute performance en phase inverse (RP-HPLC) a été développée et validée. La spécificité, la linéarité, la justesse, la précision ainsi que les limites de détection et de quantification ont été évaluées. Le caractère indicateur de stabilité de la méthode a été étudié par des essais de dégradation forcée dans des conditions acides, alcalines, oxydantes, thermiques et photolytiques.
Résultats
L’IG formulée dans une solution de chlorure de sodium à 0,9 % contenant 1,5 mg/mL d’hyaluronate de sodium a été sélectionnée sur la base de ses caractéristiques physicochimiques favorables et de sa compatibilité avec la méthode chromatographique. La formulation est restée limpide et a présenté un pH et une osmolalité proches des valeurs physiologiques. La méthode de RP-HPLC a démontré une spécificité satisfaisante et a été validée sur une gamme de concentrations comprise entre 0,16 et 6,40 UI/mL. Les biais relatifs étaient compris entre +0,31 % et +0,71 %, tandis que les coefficients de variation de la répétabilité et de la précision intermédiaire étaient respectivement compris entre 0,10 % et 1,77 % et entre 0,96 % et 1,81 %. Les limites de détection et de quantification estimées étaient respectivement de 0,046 et 0,152 UI/mL. Les études de dégradation forcée ont montré une diminution de 63,0 % de l’aire du pic d’IG après 1 h dans une solution de NaOH à 0,5 M, celui-ci devenant indétectable après 4 h. Une contrainte thermique à 60 °C a entraîné une diminution de 86,1 % de l’aire du pic d’insuline après 24 h, tandis qu’une exposition aux ultraviolets a entraîné une diminution de 38,1 % après 24 h.
Conclusions
Une formulation ophtalmique d’IG sans conservateur contenant de l’hyaluronate de sodium a été développée avec succès selon une approche pharmaceutique rationnelle, après évaluation de différentes sources commerciales d’insuline et de plusieurs associations d’excipients. La méthode de RP-HPLC validée a présenté des performances analytiques satisfaisantes ainsi qu’un caractère indicateur de stabilité, fournissant un outil fiable pour suivre l’intégrité de l’insuline lors des études ultérieures de stabilité. Cette formulation et cette stratégie analytique constituent une base pour l’évaluation ultérieure de la stabilité physicochimique et microbiologique à long terme de collyres d’insuline préparés en pharmacie.
Mots-clés : collyre d’insuline, RP-HPLC, défauts épithéliaux cornéens persistants