Apport d’un contrôle qualité in-process assisté par lunettes à réalité augmentée (FlexOprep®) sur la sécurité et la traçabilité des préparations de chimiothérapie
30 septembre 2026
L. Istace 1, O. Leynen 1, M. Denoël 1, I. Roland 21. Pharmacie CSL Arlon Vivalia, Belgique
2. Pharmacie CHU Liège, Belgique
Contexte
Les erreurs médicamenteuses peuvent survenir à toute étape du processus de prise en charge médicamenteuse et menacent particulièrement la sécurité des patients en oncologie, où les médicaments anticancéreux présentent un index thérapeutique étroit et une toxicité élevée. Les méthodes actuelles de contrôle qualité présentent des limites. Les lunettes à réalité augmentée pourraient offrir une solution innovante en apportant une assistance en temps réel et en améliorant la sécurité et la traçabilité des préparations de chimiothérapie.
Objectifs
Cette étude évalue l’apport d’un contrôle qualité in-process assisté par lunettes à réalité augmentée sur la sécurité et la traçabilité des préparations de chimiothérapie. Les objectifs secondaires comprennent l’évaluation de la facilité d’utilisation, du temps de préparation et de l’expérience utilisateur.
Méthode
Une étude interventionnelle monocentrique avant/après a évalué l’impact des lunettes à réalité augmentée sur la sécurité des préparations de chimiothérapie. Une analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (AMDEC) a comparé les indices de criticité avant et après l’implémentation. Les temps de préparation de médicaments cytotoxiques sélectionnés ont été mesurés, ainsi que la facilité d’utilisation et l’expérience utilisateur à l’aide des questionnaires F-SUS (French System Usability Scale) et UEQ (User Experience Questionnaire).
Résultats
L’AMDEC a identifié 24 modes de défaillance potentiels, dont 50 % ont vu leur criticité diminuer après l’implémentation, entraînant une réduction de 40 % de l’indice global de criticité et de 67 % pour les modes directement impactés. Toutes les défaillances initialement à haut risque et la plupart des risques modérés ont vu leur criticité diminuer, malgré l’identification de nouveaux risques liés à la technologie. Le temps de préparation a augmenté significativement (p = 0,008), avec une augmentation médiane de 86 secondes par préparation (+34 %), variant de 19,2 % à 54,7 % selon le médicament. La facilité d’utilisation était élevée, avec un score F-SUS moyen de 86,7/100 et des résultats positifs pour toutes les dimensions de l’UEQ.
Conclusion
Le contrôle qualité in-process assisté par lunettes à réalité augmentée apparaît prometteur pour renforcer la sécurité et la traçabilité des préparations de chimiothérapie. Malgré un allongement du temps de préparation et l’apparition de nouveaux risques technologiques, son acceptabilité élevée et la réduction de la criticité des défaillances soutiennent son potentiel d’intégration dans la pratique. Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats à long terme et dans des contextes plus larges.
Mots-clés : Erreurs médicamenteuses - Préparations pharmaceutiques - Gestion des risques.