Analyse des modes de défaillance des préparations d’anticancéreux : robot vs humain
30 septembre 2026
A. Hamza, P. Dronsart, Z. Senoudi, P-H. François, T. Martin, P. ColiatInstitut Strauss, Strasbourg, France
Introduction
L’automatisation de la préparation des médicaments anticancéreux a pour objectif de renforcer la sécurisation du circuit de production. Toutefois, les préparations réalisées par un robot et celles effectuées par un opérateur humain sont exposées à des modes de défaillance différents. Le contrôle analytique par UPLC, indépendant du procédé de préparation, permet d’objectiver ces écarts via un contrôle de teneur. Cette étude vise à rechercher des éventuels modes de défaillances sur des traitements préparées aux robots et manuellement.
Matériel et méthodes
20 préparations de pembrolizumab 200mg ont été préparés par les robots Apoteca-chemo® (3 séries, 2 robots) et 20 préparations préparées manuellement (2 séries, 2 opérateurs) avec assistance vidéonumérique (Drugcam®). Pour chaque préparation, un échantillon a été analysé en tripliqua par UPLC et une méthode préalablement validée. La teneur réelle (mg) a été calculée à partir de la moyenne des trois mesures d’AUC selon l’équation de calibration, rapportée au volume final de la préparation et ajustée par le titre nominal du lot de pembrolizumab.
Résultats-Discussion
Pour les préparations robotisées, la teneur moyenne mesurée était de 194,2 ± 2,4 mg, avec un écart moyen de –4,7 % (de –6,3 % à –1,2 %) en comparaison aux rapports gravimétriques des automates. L’écart moyen mesuré par les robots à la dose théorique prescrite était de –0,30 ± 0,48 %. La différence entre l’écart analytique et opérationnel est probablement liée à la non-implémentation systématique du titre réel du lot, et un biais systématique lié à l’étalonnage de la balance des robots. Cependant la production automatisée, certes estimée par gravimétrie, est reproductible.
Pour les préparations manuelles, 9 ont été écartée suite à des valeurs de teneurs extrêmes (jusqu’à +380%) dû à un défaut de l’étape d’homogénéisation de la préparation en pré-analytique (détecté à postériori sur la vidéo). Le reste des préparations présente une teneur moyenne de 195,3 ± 6,0 mg. Cela met en évidence une variabilité intra-opérateur importante du procédé de préparation, principalement liée à un défaut récurrent d’homogénéisation, mais également un écart type de la teneur plus important que pour la préparation automatisée.
Conclusion
Ces résultats mettent en évidence deux types de défaillances : un biais reproductible des préparations robotisées, nécessitant un suivi technique rigoureux, et une variabilité importante des préparations manuelles liée à une erreur de manipulation. La récurrence du défaut d’homogénéisation chez un même opérateur souligne l’importance du respect des bonnes pratiques de préparations et confirme également l’intérêt des audits internes sur les préparations manuelles, nécessaires pour la sécurisation des préparations.