Programme de surveillance de la contamination de surface à neuf antinéoplasiques dans 109 hôpitaux canadiens ; résultats obtenus pendant la pandémie à COVID-19

Chabut C1 , Tanguay C1, Bussières JF1,2
1 Département de Pharmacie et Unité de Recherche en Pratique Pharmaceutique, Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada.
2 Faculté de Pharmacie, Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada.

Claire CHABUT Introduction
La manipulation des antinéoplasiques entraîne la présence de traces de contamination sur les surfaces. Plusieurs lignes directrices encadrent la manipulation sécuritaire des antinéoplasiques afin de limiter les risques pour les travailleurs. L’exposition professionnelle à des traces de médicaments dangereux comme les antinéoplasiques peut causer des effets néfastes sur la santé à long terme des travailleurs. Aucune limite acceptable d’exposition n’a été déterminée et il est donc nécessaire de limiter l’exposition autant que possible.

Objectif
Évaluer la contamination des surfaces des hôpitaux canadiens participant à neuf antinéoplasiques.

Méthode
Douze sites de prélèvement standardisés ont été échantillonnés dans chaque hôpital, soit six dans les pharmacies et six sur les étages. Les échantillons étaient analysés par chromatographie liquide haute performance couplée à la masse. Les limites de détection (en ng/cm2) étaient : 0,001 pour le cyclophosphamide ; 0,3 pour le docétaxel ; 0,04 pour le 5-fluorouracil ; 0,001 pour la gemcitabine ; 0,3 pour l’ifosfamide ; 0,003 pour l’irinotécan ; 0,002 pour le méthotrexate ; 0,04 pour le paclitaxel et 0,01 pour la vinorelbine.

Résultats
Les hôpitaux ont échantillonné les surfaces du 31-01-2020 au 18-06-2020, pendant la pandémie à COVID-19. 109 hôpitaux canadiens ont participé, et 1305 échantillons ont été analysés. Les molécules les plus fréquemment retrouvées sur les surfaces étaient le cyclophosphamide (412/1217 33,8% des échantillons positifs) et la gemcitabine (192/1217 15,8% des échantillons positifs). Le 75e percentile de la concentration mesurée sur les surfaces était de 0,00165 ng/cm² pour le cyclophosphamide et de 0,0005 ng/cm² pour la gemcitabine. Moins de 7% des surfaces étaient contaminées par du 5-fluorouracil, docétaxel, ifosfamide, irinotécan, paclitaxel ou vinorelbine. Les sites les plus contaminés étaient le bras de fauteuil utilisé pour l’administration (78/104, 75% de surfaces contaminées au cyclophosphamide), la grille frontale de la hotte (64/108, 59,3%) et le plancher devant la hotte (59/107, 55,1%). Aucun hôpital n’a annulé sa participation à l’étude, malgré le contexte de pandémie. Les laboratoires d’analyse ont arrêté leurs activités pendant plusieurs semaines, mais les résultats ont pu être livrés aux hôpitaux à la reprise des activités.

Conclusion
Le contexte de pandémie à COVID-19 n’a pas diminué la participation au programme de surveillance canadien. Les surfaces les plus à risque de contamination présentent fréquemment des traces d’antinéoplasiques. La mesure de la contamination de surface permet d’évaluer périodiquement la situation d’un hôpital et de se comparer avec d’autres hôpitaux afin d’identifier si des mesures additionnelles doivent être mises en place.

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