Nouvelles formes galéniques en Cancérologie (« New drug delivery systems for cytotoxic drugs »)

JP. Benoit INSERM U 646, Université d’Angers, France

Le marché des médicaments anticancéreux est le 3ème plus important derrière les marchés du cardio-vasculaire et du système nerveux central, et est actuellement en pleine expansion avec un chiffre d’affaires d’environ 53 milliards de dollars en 2008 et un chiffre estimé en 2010 d’environ 85 milliards. Malgré ces chiffres, ce marché est loin d’être mature. L’efficacité des anticancéreux qui reste souvent limité et l’impact sociétal du cancer font que de nombreuses sociétés pharmaceutiques voient ce marché comme une source de revenus importants. A cela, il faut ajouter des délais raccourcis pour l’enregistrement de nouveaux médicaments anticancéreux comparé à d’autres secteurs, gain de temps évident.

C’est dans ce contexte que l’on a vu apparaître de nombreuses innovations galéniques pour l’administration des médicaments cytotoxiques. Le formulateur a conçu de nouveaux implants, des microsphères, des gels in situ, etc… mais une la grande majorité des innovations vient des nanotechnologies pour constituer ce que l’on appelle maintenant les nano-médecines. Les buts recherchés par rapport aux présentations galéniques conventionnelles sont multiples : amener un confort pour le malade, assurer une meilleure observance, prévenir une dégradation prématurée d’un principe actif, améliorer une efficacité thérapeutique en jouant soit sur une cinétique de libération du principe actif concerné, soit sur sa biodistribution, soit sur ces deux volets en même temps.

Plus d’une trentaine de produits issus des nanotechnologies sont d’ores et déjà sur le marché. Si historiquement la première approche de nanotechnologie en Santé a été la mise au point de formes micellaires, aujourd’hui les liposomes constituent la majorité des nanomédecines en Cancérologie : DaunoXome® introduit en 1997 (NeXstar Pharmaceuticals, Inc.), suivi par Myocet® (Elan Europe) et Doxil/Caelyx® (Johnson and Johnson Alza), etc… En 2005, la première forme « nanoparticule » à visée thérapeutique et administrable par voie intraveineuse a été enregistrée par la FDA dans le traitement du cancer du sein.

D’autres systèmes encore plus élaborés tels que les conjugués drogue-polymère, les dendrimères, les nanotubes de carbone, etc… sont en évaluation clinique. L’ensemble des résultats obtenus doit permettre de voir quel chemin il reste à parcourir pour concevoir le vecteur idéal hautement spécifique de sa cible tissulaire, en Cancérologie.

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