La simulation en pharmacotechnie : concept général et intérêt dans la formation des opérateurs

Rémy Collomp1, Fabienne Wong2, Julien Duquesne2, Brigitte Bonan3, Bertrand Decaudin4, Pascal Bonnabry5 1 Pharmacien gérant, CHU Nice, Vice-Président SFPC
2 CHU Nice
3 Hôpital Foch
4 CHRU Lille
5 HU Genève

La prise en charge médicamenteuse du patient correspond à un processus complexe, particulièrement à risque. Les origines des défaillances sont multidimensionnelles, liées aux facteurs humains et organisationnels. Parmi les différentes étapes de ce processus, la pharmacotechnie est particulièrement exposée aux risques puisqu’elle va nécessiter des expertises théoriques, techniques mais également impliquer les aspects organisationnels et relationnels via le travail en équipe.

La simulation en santé est une méthode pédagogique, basée sur l’apprentissage expérientiel et la pratique réflexive, qui s’adresse à tous les professionnels de santé, en formation initiale et continue (validante en développement professionnel continu – DPC). Elle correspond « à l’utilisation d’un matériel, de la réalité virtuelle ou d’un patient dit « standardisé » pour reproduire des situations ou des environnements de soins, pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et permettre de répéter des processus, des situations cliniques ou des prises de décision par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels. »
D’origine relativement récente sur le terrain, elle est désormais bien formalisée avec des Bonnes Pratiques élaborées par la Haute Autorité de Santé. Elle peut être déployée en centres de simulation, au niveau des hôpitaux ou des facultés.

La simulation est parfaitement adaptée à la formation dans le domaine de la pharmacotechnie car elle est basée sur l’utilisation de scénarios, plus ou moins complexes, pour permettre :

  • l’entraînement à des gestes techniques (usuels ou exceptionnels) : manipulations de routine ou rares ;
  • la mise en œuvre de procédures (individuelles ou en équipe) : hygiène, préparation de l’isolateur ;
  • l’entraînement au raisonnement clinique diagnostique et/ou thérapeutique : analyse des prescriptions, des fiches de fabrication ;
  • la gestion des comportements (mise en situation professionnelle, travail en équipe, communication) : gestion de stress lors de fortes activités par exemple ;
  • la gestion des risques (reproduction d’événements indésirables, capacité à faire face à des situations exceptionnelles ) : erreurs médicamenteuses, bris de flacons, extravasation …

Selon les objectifs pédagogiques et les scénarios retenus, la technique de simulation la plus pertinente sera choisie parmi celles qui sont validées :

  • patient standardisé ou jeu de rôle pour les relations avec le patient
  • simulateurs procéduraux de basse ou de haute fidélité : isolateur global ou partiel, mannequin si l’étape de l’administration est concernée
  • environnement 3D comme les serious games

Aujourd’hui, la simulation en santé reste encore sous utilisée en pharmacotechnie mais devrait connaître un essor important ces prochaines années. Son évaluation devra être formalisée.

Liens d’intérêt : Un projet de simulation en chimiothérapie est en cours au CHU de Nice avec le soutien de Sieve et les laboratoires BMS, MSD et Merck serono

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