L’utilisation d’un dispositif de transfert en système clos (DTSC) pour l’administration de diffuseurs portables permet-elle une déconnexion sécurisée ?

E. Peyrilles1 , H. Levert1, P. Sessink2, I. Madeleine Chambrin1, N. Jourdan Desrayaud1
1 Service Pharmacie, Hôpital Saint-Louis, Assistance Publique des Hôpitaux de Paris, France.
2 Exposure Control Sweden AB, Backsippevägen 2, 475 37 Bohus-Björkö, Suède.


Introduction
L’administration des médicaments anticancéreux représente une étape à risque de contamination chimique environnementale, en particulier lorsqu’ils sont administrés à domicile. Les recommandations relatives à la protection du personnel préconisent toutes l’utilisation de DTSC. L’objectif de cette étude est d’évaluer in vitro la contamination potentielle lors de la déconnexion d’un diffuseur portable, avec/sans DTSC (Qimono® / laboratoire Vygon).

Matériel et méthodes
30 diffuseurs de 5-FU ont été connectés à une simulation d’abord vasculaire (luer-lock (LL) femelle) selon 3 types de montage (10 diffuseurs par groupe) : groupe A = diffuseur simple (LL mâle), groupe B = diffuseur + valve bidirectionnelle et groupe C = diffuseur + DTSC (Qimomale® - Qimofemelle®). En fin de perfusion, le diffuseur a été déconnecté par une infirmière (IDE) et la contamination recherchée sur les compresses et gants utilisés pour la déconnexion et sur une surface simulant le bras du patient. Les dosages ont été effectués par méthode LC-MSMS. La limite de détection du 5-FU était de 0,1 µg. Les différents groupes ont été comparés par les tests de Kruskal-Wallis et Mann-Whitney.

Résultats
La médiane de contamination totale de 5-FU (compresse + gant + bras) était de 158 µg pour le groupe A, 140 µg pour le groupe B et 95 µg pour le groupe C. Les résultats étaient significativement différents entre les groupes A et C (p = 0,0173) et entre les groupes B et C (p = 0,0065). En revanche, il n’y avait pas de différence significative entre les groupes A et B (p = 0,6232). Concernant la contamination au niveau des gants et du bras, aucune différence significative n’a été retrouvée entre les 3 groupes. Par contre, au niveau des compresses, il existait une différence significative en faveur du groupe C versus A (p=0,007) avec une réduction de 60 % de la contamination.

Discussion Conclusion
Cette étude est la première évaluant la contamination chimique directe, c’est-à-dire la contamination à laquelle le manipulateur est exposé pendant son geste. Les résultats montrent que les valves bidirectionnelles ne réduisent pas significativement la contamination et ne peuvent donc pas être considérées comme un DTSC. Le DTSC évalué permet de réduire significativement la contamination. En l’absence de notion sur le niveau d’exposition ayant un impact clinique, il n’est pas possible de conclure quant à l’impact de la contamination résiduelle. A noter toutefois, que le protocole de manipulation établi pour l’étude tendait à maximiser la contamination (écouvillonnage des connexions). Hormis l’aspect contamination, le Qimofemelle® de l’abord vasculaire acceptant la connexion d’une seringue Luer mâle, a l’avantage de permettre à l’IDE à domicile (ne disposant pas de la partie mâle du DTSC) de déconnecter un diffuseur portable dans le respect des bonnes pratiques d’utilisation des abords veineux centraux (vérification du reflux et rinçage).

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