L’outil DRUGCAM© en unité de chimiothérapie permet-il d’atteindre le risque zéro ?

R. Van Den Broucke , L. Diradourian, C. Cadot, I. Le Borgne, F. Samdjee Pharmacie du Centre Hospitalier de Versailles (CHV), 177 rue de Versailles, 78150 Le Chesnay, France

Contexte
L’Unité de Reconstitution des Cytotoxiques du CHV utilise depuis 2017 l’outil Drugcam© pour sécuriser sa production et s’affranchir des fiches de fabrication (FF) et du double contrôle visuel (DCV).

Objectifs
Déterminer, par des critères de contrôle définis, et sur des spécialités présentant des spécificités dans leur fabrication, si l’usage de Drugcam© sécurise pleinement la préparation des chimiothérapies - Recueillir le ressenti des préparateurs (PPH) vis à vis de Drugcam©.

Méthode
Les vidéos de 182 préparations (Kadcyla© n=51 ; Adcetris© n=78 ; Trisenox© n=53) réalisées de janvier 2019 à avril 2020, ont été visionnées et 6 critères ont été évalués :
- 5 critères concernant la fabrication : 2 critères de non-conformité (NC) au RCP (reconstitution selon protocole, erreur de tubulure), 3 critères de NC selon les bonnes pratiques de l’établissement (BPE) (imprécision des seringues, désinfection sous le flip-off des flacons, erreur d’aiguille)
- 1 critère concernant le contrôle (positionnement de la caméra de champ).
Un questionnaire a été soumis à 15 PPH sur leur ressenti sur Drugcam©.

Résultats
L’analyse révèle que 91 préparations (43%) présentent au moins un critère de NC (RCP et BPE), dont 27 au moins un critère de NC au RCP (déviation à la reconstitution des flacons = 25, absence de tubulure filtre = 2). Le choix des seringues a été imprécis dans 9% des cas. Sur 108 préparations où le retrait des flip-off était visible, la décontamination n’a pas été toujours réalisée (47%). 8% des poches de Trisenox© ont été préparées sans aiguille-filtre.
Dans 16% des cas, le mauvais positionnement de la caméra a rendu plus difficile le contrôle vidéo.
Le questionnaire a montré que : - l’usage de Drugcam© vs FF est plus fiable (80%) et au moins aussi rapide (71%) - les modes opératoires sont au moins aussi bien suivis que sur FF (93%) - les gestes spécifiques de reconstitution décrits dans le RCP sont suivis systématiquement (47%) - la gestion des tubulures filtre sur Drugcam© doit être améliorée (93%) - la reconnaissance vidéo doit être optimisée (87%).

Discussion et conclusion
Les préparations avec un critère de NC au RCP ont tout de même été libérées (non-respect strict de la reconstitution, homogénéisation excessive, erreur de tubulure corrigée avant dispensation).
Drugcam© optimise le contrôle des cytotoxiques per process et a posteriori, permettant un gain de sécurité et d’autonomie, et une diminution des interruptions de tâches. Mais certains risques d’erreurs existant déjà avec le DCV subsistent, Drugcam© ne remplaçant pas le manipulateur. Plusieurs pistes d’optimisation ressortent : renforcement de la formation continue des PPH, fenêtres pop-up décrivant les gestes spécifiques des préparations, ajout d’étapes bloquantes pour le choix de matériel, meilleure reconnaissance vidéo des volumes, des solutions colorées et des flacons, vérification du positionnement de la caméra de champ.

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