Évaluation des besoins en formulation pharmaceutique pour limiter l’usage des médicaments inappropriés en réanimation pédiatrie et soins continus

Verchin M1, Royer M1, Tredez C2, Nazoiri C1, Vincent E2, Regnaul-Lheritier C2, Ghostine G2, Marçon F1 1 Pharmacie, Centre hospitalier universitaire d’Amiens, rond-point du Professeur Christian Cabrol, 80054 Amiens, France
2 Service de réanimation pédiatrique et soins continus, Centre hospitalier universitaire d’Amiens, rond-point du Professeur Christian Cabrol, 80054 Amiens, France

Introduction
Les médicaments peuvent être inappropriés à la population pédiatrique en raison d’une forme galénique inadaptée à leur administration ou la présence d’excipient à effet notoire (EEN). La prescription de ces médicaments expose l’enfant à un risque iatrogénique. L’objectif de cette étude est de recenser le recours aux médicaments inappropriés dans un service de réanimation pédiatrique afin de proposer des alternatives.

Matériel/Méthode
Premièrement, nous avons recensé tous les médicaments utilisés dans les services de pédiatrie sur une période de 6 mois et regardé leur composition en EEN. Deuxièmement, nous avons réalisé un audit rapide des pratiques (3 jours à 1 semaine d’intervalle) afin d’analyser les modalités d’administration des médicaments dans le service de réanimation pédiatrique. Le recueil comprenait : les données démographiques, la forme galénique, les modalités d’administration et la présence d’EEN.

Résultats
Le référentiel des médicaments incluait 56,9% (426/748) de médicament contenant au moins un EEN. Parmi eux, 21,1 % (158/748) contenait un EEN ou potentiellement toxique. Parmi les formes buvables 19,3% (22/114) mentionnait la présence de l’éthanol.
L’audit nous a permis de recueillir 49 ordonnances pour 32 patients (18 prématurés, 8 enfants <1 an, 1 enfant 1-6ans, 5 enfants > 6 ans). Plus de 50% des lignes de prescription (170/338) portaient sur 9 médicaments dont l’acide folique et l’époetine béta. Au sein des médicaments injectables (222/338), 56.8% (126/222) étaient dilués en dehors des recommandations du fabricant et 1/3 (44/126) des dilutions étaient des doubles dilutions. Concernant la voie orale (104/338), les solutions buvables représentaient 63% des administrations. L’utilisation des formes monolithiques (39/104) nécessitant d’être dispersées était courante avec l’utilisation d’acide folique en comprimés (20/39). Des dispositifs médicaux alternatifs et plus précis ont été utilisés pour 6.8% des administrations. Environ 50% des lignes de prescriptions incluait un médicament comprenant au moins un EEN. Les EEN pouvant entrainer des irritations ou des allergies étaient les plus représentés avec 18 médicaments. Concernant la présence de EEN potentiellement pour les prématurés ou les nouveau-nés, on retrouve 8 médicaments dont l’époetine béta. Les médicaments contenant de l’alcool représentaient 0,59% (2/338) des lignes.

Discussion/Conclusion
Le manque de médicaments adaptés a amené des conduites à risque iatrogène. Pour limiter ces risques, le développement des formulations pédiatriques et l’accompagnement des équipes médicales sur l’utilisation des médicaments en l’absence d’alternative nous paraissent nécessaire. Cette étude nous a permis de prioriser nos recherches en mettant en avant les besoins les plus importants, dont une solution buvable d’acide folique et une solution buvable de furosémide sans éthanol.

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