Étude préliminaire de l’impact du peroxyde d’hydrogène sur trois peptides

M. Delion 1, C. Schmitt1, J. Fouque1, S. Huguet1, A. Acramel2,3, Y. Jacquot3, L. Escalup2, O.Madar1
1 Département de Radiopharmacologie, Institut Curie, 35 rue Dailly 92210 Saint Cloud, France
2 Département de Pharmacie, Institut Curie, 26 rue d’Ulm 75248 Paris, France
3 CiTCoM, CNRS UMR 8038, Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Université de Paris, 75006 Paris, France

Introduction
La bio-décontamination de surface des médicaments et dispositifs médicaux (DM) est réalisée en isotechnie à l’aide d’agents oxydants, dont le peroxyde d’hydrogène (H2O2). Un passage de l’H2O2 dans les poches de soluté suite à un cycle de bio-décontamination sans suremballage a été démontré. L’objectif de cette étude est d’explorer l’impact de l’H2O2 sur trois peptides afin de déterminer si une étude plus approfondie doit être envisagée lors de la préparation de médicaments peptidiques en présence d’un taux résiduel d’H2O2.

Matériel – Méthode
Les peptides testés sont le ziconotide (25 acides aminés (AA)), le glucagon (29 AA) et l’octréotide (8 AA), à une concentration de 10 µg/mL dans de l’eau. Le glucagon et l’octréotide ont été utilisés comme témoins. Des concentrations croissantes d’H2O2 (0,01 ppm, 0,05 ppm et 0,1 ppm) ont été ajoutées aux solutions précédentes. L’analyse a été faite après la mise en contact avec l’H2O2 dans les flacons d’analyse et jusqu’à 48h. Le dosage a été fait par chromatographie liquide ultra haute performance (Waters) couplée à un détecteur UV à 210 nm, sur une colonne BEH C18 1,7 µm, 2,1 mm x 50 mm (Waters) chauffée à 50°C. La phase mobile était un gradient eau/acétonitrile + 0.1% d’acide trifluoroacétique. Les échantillons étaient conservés à 6°C dans l’appareil. Pour évaluer la stabilité au cours du temps, les solutions de peptide pur ont d’abord été injectées. Puis, les aires des pics ont été comparées avant et après ajout de l’H2O2.

Résultats
En absence d’H2O2, les trois peptides semblent stables (84-107%). Au contact de l’H2O2, le taux de dégradation (TG) du ziconotide est supérieur à 10% dès 2h de contact à 0,05 et 0,1 ppm. La dégradation s’accentue pour atteindre 95% à 48h à 0,1 ppm. Le TG du glucagon est supérieur à 10% dès 2h de contact et atteint 42% à 48h, à 0,1 ppm. L’octréotide ne semble pas dégradé par l’H2O2. Les variations observées au cours du temps sont semblables pour toutes les concentrations d’H2O2 et semblent liées aux imprécisions de la méthode analytique.

Discussion – Conclusion
Cette étude préliminaire montre que l’effet de l’H2O2 varie selon que les peptides possèdent ou non une méthionine (Met), un AA sensible aux conditions expérimentales de l’étude. La présence de la Met-12 en surface du ziconotide l’expose fortement à l’oxydation, de même pour la Met-27 du glucagon. La différence des TG s’explique par la différence de séquence entre les deux peptides. L’octréotide, ne possédant pas de Met, est stable en présence d’H2O2.
Les taux résiduels d’H2O2 dans les isolateurs ou les DM pourraient entrainer une dégradation significative du ziconotide en fonction du temps. Pour affiner l’étude, une validation de la méthode analytique sera faite afin de comparer des préparations de ziconotide réalisées dans une atmosphère contenant, ou non, de l’H2O2 résiduel. De même, il serait intéressant d’étudier si l’oxydation du ziconotide altère son action analgésique.

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