Étude pilote de surveillance biologique de quatre médicaments antinéoplasiques chez des travailleurs canadiens

C. Poupeau1, C. Tanguay2, C. Plante3, N.J. Caron4, JF. Bussières5 1 D.Pharm. candidate, Research assistant, Pharmacy Practice Research Unit, CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada
2 B.Sc., M.Sc., Coordinator, Pharmacy Practice Research Unit, CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada
3 Inf, conseillère en soins infirmiers, CHU Sainte-Justine, Montréal, Québec, Canada
4 Ph.D, Centre de toxicologie du Québec, Institut national de santé publique du Québec, Québec, Canada
5 B.Pharm., M.Sc., FCSHP, MBA, chef, Département de pharmacie et Unité de recherche en pratique pharmaceutique, CHU Sainte-Justine, professeur adjoint de clinique, Faculté de pharmacie, Université de Montréal, Montréal, Québec, Canada

Introduction

Il existe des risques pour la santé des travailleurs qui sont professionnellement exposés aux médicaments dangereux.

Objectifs

Notre hypothèse était qu’il serait faisable d’implanter un programme de surveillance biologique. L’objectif est de présenter les résultats de notre étude pilote transversale de surveillance biologique de quatre médicaments antinéoplasiques.

Méthodes

Les travailleurs d’un département d’hématologie-oncologie et des travailleurs contrôles provenant d’autres départements ont été recrutés dans un centre hospitalier universitaire mère-enfant. L’étude a été précédée d’une période d’information durant laquelle nous avions comme objectif de sensibiliser et d’augmenter les connaissances des travailleurs à propos des risques d’une exposition professionnelle. Les participants devaient remplir un journal contenant les activités réalisées ainsi que les équipements de protection personnelle portés. Un échantillon d’urine par travailleur était collecté à la fin de leur quart de travail. Les échantillons étaient analysés par HPLC/MS-MS pour la présence de cyclophosphamide, d’ifosfamide, de méthotrexate et d’alpha-fluoro-beta-alanine (le principal métabolite urinaire du 5-fluorouracile).

Résultats

Le taux de participation était de 85,7% (102/119). Aucun échantillon d’urine n’avait de concentration détectable pour aucun des quatre médicaments antinéoplasiques évalués (0/101 ; 0/74 infirmières, 0/11 pharmaciens, 0/9 assistants techniques en pharmacie et 0/7 médecins). Dans les cinq jours précédant l’échantillonnage, 67/89 (75,3%) des travailleurs d’hématologie-oncologie participants avaient réalisé au moins une activité avec des médicaments antinéoplasiques. Les infirmières portaient tous les équipements de protection personnelle pour les activités techniques (86,2%), mais rarement pour les activités non-techniques (14,9%). Les assistants techniques en pharmacie et les pharmaciens portaient tous les équipements de protection personnelle pour toutes les activités (100,0%).

Discussion

Nous avons implanté une étude pilote de surveillance biologique des travailleurs et avons obtenu un bon taux de participation. L’absence d’échantillons positifs démontre l’utilité de maintenir de bonnes méthodes de travail. Nous avons identifié des endroits où la protection des travailleurs peut être améliorée, particulièrement pour les activités non techniques.

Conclusion

L’absence d’échantillons positifs est une bonne indication que les mesures mises en place assurent la sécurité des travailleurs. La répétition périodique de mesures de surveillance biologique pourrait aider à confirmer que les bonnes méthodes de travail sont suivies par les travailleurs et ce, de façon continue.

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