Enquête sur la réalisation des préparations pour les patients ambulatoires

E.Reallon1, M.Wasiak1, P.Chenell1,2, M.Jouannet1, V.Sautou1,2
1 : CHU Clermont-Ferrand, Pôle Pharmacie, F-63003 Clermont-Ferrand, France
2 : Université Clermont Auvergne, Institut de Chimie de Clermont- Ferrand. UMR CNRS 6296, F-63000 Clermont-Ferrand, France

La prise en charge des préparations prescrites à l’hôpital aux patients ambulatoires est mal définie : relèvent-elles du circuit hospitalier ou officinal ? L’objectif de ce travail est de réaliser un état des lieux des pratiques de réalisation et de délivrance de ces préparations en France.

Deux questionnaires ont été réalisés et envoyés par mail aux pharmaciens responsables de préparatoire de 35 Pharmacies à Usage Intérieur (PUI) et de 26 pharmacies d’officine (PO) dans toute la France. Les questions abordées concernaient la prise en charge des préparations en ville et la communication hôpital-ville. Il a été demandé aux pharmaciens s’ils privilégieraient le circuit de ville ou le circuit hospitalier pour réaliser 4 préparations différentes à destination d’un patient ambulatoire.

24 PUI (69%) et 13 officines (50%) ont répondu avec une répartition homogène sur le territoire. Pour les PUI et les PO le remboursement d’une préparation en ville dépend principalement de la présence de la mention explicite du médecin sur l’ordonnance et de l’absence de spécialité équivalente disponible. En cas de doute sur le remboursement, les PUI contactent d’abord la PO et les PO se rapprochent de la CPAM. 54% des PO déclarent avoir eu des refus de remboursement (principalement de préparations à base de mélatonine). Les PO sont rarement (62%) voire jamais (23%) prévenues de la sortie d’un patient ayant besoin d’une préparation. Le circuit officinal est privilégié par 60% des PUI et 100% des PO pour la réalisation de gélules de Spironolactone à destination d’enfants de moins de 12 ans et par 78% des PUI et 100% des PO pour la réalisation de gélules d’acide folique pour anémie de la prématurité. Le choix de ce circuit était justifié par la disponibilité des matières premières et l’autorisation de l’ARS pour ce type de préparation. A l’inverse, la préparation en PUI est privilégiée par 67% des PUI et 84% des PO pour la pommade au Sirolimus et par 73% des PUI et 85% des PO pour la solution buvable de Cyclophosphamide. Le choix de ce circuit était justifié par l’indisponibilité des matières premières et l’absence d’équipement adéquat. 75% des PUI vérifient systématiquement si une préparation peut se réaliser en ville (appel de l’officine) mais 75% des PUI ont également déjà rétrocédé une préparation réalisable en ville (continuité des soins, absence totale de relais ou manque de confiance dans la capacité et la qualité de préparation des PO).

Même si les avis des PUI et PO convergent sur le circuit à privilégier pour chaque préparation, la capacité de réalisation en ville semble sous-estimée par les PUI. Il est nécessaire d’harmoniser les pratiques afin de garantir la continuité des soins. Si une PO autorisée par l’ARS est à même de réaliser une préparation, l’hôpital a-t-il le droit de rétrocéder ? Des recommandations nationales seraient sans doute nécessaires

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