Cytotoxiques oraux : Risques iatrogènes ?

L. Vincent 1, F. Giraudier2, P. Le Rat1, D. Antal1, N. Boullanger1, V. Grangeon-Vincent3, P. Hild2 1 Service d’Oncologie et Hématologie, Centre Hospitalier, Roanne, France lionel.vincent@ch-roanne.fr
2 Service Pharmacie, Unité de reconstitution des cytotoxiques, Centre Hospitalier, Roanne
3 Service de Pneumologie, Centre Hospitalier, Roanne, France

Les anticancéreux oraux (chimiothérapie et thérapies ciblées) ont connu en 10 ans un essor considérable. Dans le même temps et à efficacité égale, les patients ont largement plébiscité ces formes galéniques. Le risque iatrogène de ces produits reste différent de celui des formes injectables dont on maîtrise sans doute mieux l’administration et la dispensation (unités cliniques et URC). Leurs risques iatrogènes peuvent être classés en 3 catégories selon leur origine :

  • risques iatrogènes liés à la molécule elle-même : ce sont les effets secondaires à proprement parler. L’index thérapeutique souvent étroit avec la variation de biodisponibilité sont à l’origine de toxicités imprévisibles ou au contraire de pertes d’efficacité.
  • risques liés au patient : il s’agit de l’observance. Son taux global dans la majorité des études de compliance en anticancéreux est de 40 à 50 %. Les facteurs d’observance sont multiples comme la complexicité de certaines prises, les changements d’habitude, les défauts de communication avec les professionnels de santé, la croyance ou non du patient sur son traitement, les conditions sociales ou enfin les antécédents de maladie mentale.
  • risques liés à la prescription ou à la délivrance du médicament. Il peut s’agir des erreurs de dose ou tout au moins les imprécisions de prescription, la croyance du prescripteur sur l’efficacité des chimiothérapies orales, les erreurs de délivrance ou de vérification des doses prescrites au moment de cette délivrance.

Cette connaissance des risques iatrogènes nous amène à penser que la gestion des anticancéreux oraux doit se faire dans le cadre d’une démarche anticipative d’éducation thérapeutique et de formation de l’ensemble des professionnels concernés (médecins traitants compris, infirmières libérales et pharmaciens). Notre modeste expérience personnelle de 6 ans d’anticancéreux oraux nous a également permis d’apprécier l’importance d’une consultation infirmière dédiée à ces molécules, au sein de notre dispositif d’annonce. Un encadrement optimal des premières cures semble garantir une meilleure compliance et une moindre iatrogénèse. Un patient « informé » est plus à même de faire face à un effet toxique. Enfin l’utilisation « d’ordonnances type » détaillées et la notion de prescripteurs « spécialisés en chimiothérapie » tend à améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge.

En conclusion une gestion rigoureuse selon l’exemple des chimiothérapies intraveineuses mérite d’être mise en place autour de ces anticancéreux oraux.

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