Critères de choix des préparations injectables fabriquées à l’hôpital

Pascal Bonnabry Pharmacie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG),
Section des sciences pharmaceutiques, Université de Genève, Université de Lausanne,
Genève, Suisse

Les 15 dernières années ont vu le développement des stratégies d’amélioration de la sécurité des patients, qui se fondent sur une prise de conscience suite à la publication du rapport « To err is human » par l’Institute of medicine en décembre 1999. L’importance des facteurs humains a été particulièrement mise en évidence et les actions qui visent à améliorer la fiabilité des étapes périlleuses de sélection, de calcul ou de dilution sont fortement promues. Les médicaments injectables sont environ 3 fois plus susceptibles de causer un préjudice ou un décès que les autres médicaments, en raison de la complexité des processus d’utilisation et de l’impact clinique majeur pour les patients en cas d’erreur.

Pour faire face à ces nouveaux enjeux, de nombreuses actions ont été lancées. Les principales qui concernent les médicaments injectables sont les suivantes :

  • des outils de gestion des risques ont été mis en place (ex. déclaration et investigation d’incidents, analyse prospective des risques) ;
  • des mesures organisationnelles ont été proposées par différentes institutions pour les médicaments à haut risque ;
  • un travail de standardisation des dilutions et de l’étiquetage a été conduit, en particulier dans les secteurs à haut risque (anesthésiologie, réanimation, urgences) ;
  • des produits injectables prêts à l’emploi (CIVAS) ont été mis à disposition, afin de réduire, voire de supprimer les possibilités d’erreur.

Au sein des HUG, une démarche de mise à disposition de CIVAS a débuté en 2002, à l’issue de la centralisation de la préparation des cytostatiques. Des outils d’aide à la sélection des produits prioritaires ont été développés, afin de mettre en place une stratégie correspondant aux besoins des services utilisateurs, tout en tenant compte des données de stabilité et des contraintes de production de la pharmacie. Près de 15 produits ont été développés, ce qui correspond à une production annuelle d’environ 30’000 seringues prêtes à l’emploi.

Même si peu d’études se sont intéressées à démontrer formellement l’impact des CIVAS sur la sécurité chimique et microbiologique, il est évident que ces produits contribuent significativement à l’amélioration de la sécurité des patients. Pour que la démarche réussisse, quelques facteurs doivent cependant être réunis :

  • une infrastructure adéquate de production et de contrôle-qualité doit être disponible ;
  • une bonne maîtrise des BPP/BPF doit être en place ;
  • une démarche structurée doit exister pour sélectionner les produits candidats ;
  • une bonne collaboration doit être instaurée avec les cliniciens des services utilisateurs.

Dans les années futures, quelques enjeux existeront pour stimuler le développement de ces nouvelles activités de production. Il s’agira en particulier de poursuivre les efforts de standardisation de l’utilisation des injectables (nutrition, cytostatiques et autres), de développer des stratégies de répartition des fabrications entre hôpitaux, en incluant la sous-traitance industrielle, de s’adapter continuellement à l’évolution des règles de BPP/BPF et de ne pas oublier l’implémentation des autres mesures organisationnelles préconisées pour maîtriser l’ensemble du circuit des médicaments à haut risque.

La présentation peut-être téléchargée à l’adresse : http://pharmacie.hug-ge.ch/ens/conferences.html

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