Comment la simulation peut nous aider à améliorer la sécurité des processus

Pascal Bonnabry Pharmacie des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG),
Section des sciences pharmaceutiques, Université de Genève, Université de Lausanne,
Genève, Suisse

Dans les industries à haut risque, la simulation est un outil indispensable à la formation des professionnels. Qui imaginerait un pilote d’avion prendre les commandes de son appareil sans avoir été dûment qualifié en simulateur pour faire face à d’improbables situations critiques ? Dans le domaine de la santé, certaines disciplines comme l’anesthésiologie ont compris qu’il n’était pas envisageable de réaliser des gestes techniques compliqués directement sur un patient et que des outils de simulation devaient être intégrés dans les cursus de spécialisation. Au-delà de l’apprentissage technique, les plateformes de simulation servent également, tout comme dans l’aviation, à apprendre à travailler ensemble et à communiquer adéquatement pour faire face à des situations critiques.

Dans le domaine de la pharmacotechnie, les techniques de simulation prennent de plus en plus d’importance. Au-delà de leur intérêt dans la formation des opérateurs de production, elles peuvent également nous être très utiles dans l’amélioration de la sécurité des processus. Bien qu’il soit connu que des activités basées sur la performance des êtres humains ont une fiabilité limitée, peu d’études se sont intéressées à réellement comprendre l’étendue de la problématique, en particulier dans le domaine de la pharmacotechnie. L’intérêt des techniques de simulation est de mettre les opérateurs dans des situations particulièrement critiques (« worst case ») et de pouvoir décortiquer certaines parties de l’activité de manière indépendante du reste du processus. L’objectif final est de mesurer la performance des opérateurs et la variabilité interindividuelle, puis d’identifier des moyens d’améliorer la fiabilité des processus, de les implémenter et finalement de mesurer leur impact sur la sécurité.

Dans cette présentation, trois exemples de projets d’amélioration de la sécurité des processus faisant intervenir la simulation seront présentés :

  • La mesure de la contamination chimique lors de la préparation des cytotoxiques à l’aide d’un marqueur non toxique ;
  • La mesure de la précision de dilution des cytotoxiques sans et avec un contrôle gravimétrique ;
  • La performance dans les opérations de calcul, avant et après une formation théorique.

Tout gestionnaire d’un processus à haut risque doit se préoccuper de l’amélioration continue de la sécurité des activités qu’il gère. Chaque responsable d’une unité de fabrication aseptique doit mettre en œuvre tout ce qui est possible pour identifier les points faibles de ses processus et pour améliorer leur fiabilité. Les techniques de simulation doivent clairement faire partie de notre arsenal de méthodologies nous permettant de progresser dans l’identification des défaillances et dans la validation de mesures correctives robustes.

La présentation peut-être téléchargée à l’adresse : http://pharmacie.hug-ge.ch/ens/conferences.html

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