Centralisation en isolateur : retour d’expérience des pharmaciens hospitaliers

P. Rohrbach Verdun, France

L’objectif de cette étude est de recenser les problèmes rencontrés par les pharmaciens hospitaliers lors de la centralisation en isolateur. Un questionnaire a été adressé aux adhérents du GERPAC utilisant un isolateur en mai 2003.
Vingt et une réponses (55% des questionnaires retournés) ont été analysées.
L’adhésion au projet de centralisation est importante pour le personnel médical (71%), pour le personnel infirmier (69%) ainsi que pour les préparateurs en pharmacie (78%), les réticences étant levées après la mise en place de l’installation et la formation des manipulateurs.
Le projet est budgétisé dans 9 cas sur 10 mais parfois de façon incomplète (ex : pas de financement pour le personnel). Le délai de mise en place est jugé long dans 61% des cas et se trouve directement lié avec le niveau de soutien de l’Inspection en Pharmacie et de la DRASS.
L’activité de centralisation est difficile à quantifier (64%) et conduit à une sous évaluation dans un cas sur trois. Cette erreur se retrouve dans la rédaction du cahier des charges réalisée trop rapidement et de façon incomplète dans 30% des cas.

Les difficultés les plus importantes concernent le lieu d’implantation avec des problèmes dans 50% des cas (local délocalisé, modalité d’accès) problèmes que l’on retrouve également dans les locaux de l’installation (41%) avec surtout une absence de séparation des différents secteurs (stockage-administratif-préparation).
Les problèmes sont moindres quand les plans sont validés au préalable par l’inspection ou que l’installation a lieu dans un local spécifique ou intégré dans une nouvelle pharmacie. Ces problèmes des locaux sont à l’origine de difficultés d’accès lors de l’installation de l’équipement (22%), de contraintes de fonctionnement (accès difficile dans 40% des cas), altérant les conditions de travail (30%) et gênant l’acheminement des préparations vers les services de soins (20%). Cette situation génère également des contraintes d’installation pour l’équipement (53% - ex : absence d’air comprimé, évacuation d’agent stérilisant, travaux d’aménagement) et conduit à un environnement non satisfaisant dans 38% des cas.
De nombreuses demandes de travaux sont en cours pour aménager les installations existantes.

Les contraintes d’utilisation de l’agent stérilisant sont maîtrisées pour 82% des répondeurs mais jugée importantes pour 63% d’entre eux.
Concernant le flux des produits dans l’isolateur, l’entrée des produits pose des difficultés dans 12% des installations en cas d’activité importante et en l’absence de petit sas de stérilisation.
La sortie des préparations et surtout des déchets de fabrication est à reconsidérer dans 25 à 30 % des installations.
Une installation sur quatre a connu des difficultés de réception technique avec une conformité au cahier des charges de 79%.
30 % des installations ont rencontré des difficultés de validation. Les relations avec le fournisseur sont bonnes dans 75% des cas (disponibilité, SAV, maintenance).
L’informatisation du la centralisation passe par l’utilisation d’un logiciel existant (61% pour la prescription, 67% pour la dispensation). Le personnel de préparation est jugé en effectif suffisant (63% dont un manque de temps pharmacien), qualifié (88%) et motivé (94%). Le suivi médical du personnel (71%) souffre de l’absence de motivation du médecin du travail.
La stabilité des préparations d’anticancéreux repose sur des documents validés dans 79% des cas. Une installation sur quatre a connu des difficultés pour constituer le Thésaurus des protocoles.
Le contrôle de l’environnement (bactériologique et/ou particulaire) est réalisé au moyen d’un appareil de mesure dans 35% des installations alors qu’aucune structure répondante ne dispose de moyens analytiques pour le contrôle sur le produit fini, s’appuyant avant tout sur la mise en place d’un système qualité.

En conclusion, le lieu d’implantation (délocalisation) ainsi que la disposition des locaux (aménagement interne des différentes zones, absence de sas) sont à l’origine des principales difficultés de fonctionnement de l’installation (50%). De plus, les contrôles d’environnement sont difficiles à réaliser par manque d’appareils de mesure.

Remerciements à M. Talla et N. Vermerie pour la rédaction du questionnaire.

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