Campagne de surveillance d’exposition professionnelle aux cytostatiques

A. Rambaud1, B. Delmas2, M.A Cadeac2, L. Caumette2, J. Aubry2, M. Fernandez2, N. Barascud2, C. Egea2, N. Boulay1, A. Séché1, J. Rousseau1, A. Nicolas1 1 Toxilabo, Nantes, FRANCE
2 Pharmacie, CH Val d’Ariège, FRANCE

Introduction
L’exposition professionnelle aux cytotoxiques est la raison principale de la centralisation des préparations. Mais quel niveau d’exposition résiduelle persiste, que ce soit à l’URC, dans la PUI, dans les unités de soins et lors du transport de cytotoxiques ? L’étude INRS (1) menée sur 250 participants, a montré que 53 % des professionnels avaient au moins une substance cytotoxique quantifiable dans leurs urines et que 85 % des échantillons prélevés sur les surfaces des pharmacies étaient positifs à au moins une molécule cytotoxique. Une étude (2) dans un établissement en 2010 et 2016 a montré lors d’une augmentation de l’activité, une augmentation de l’exposition du personnel. Ainsi, une évaluation de l’efficacité des procédures de nettoyage-décontamination des surfaces est primordiale, d’autant que les prélèvements d’air sont peu pertinents car les molécules sont peu volatiles et les procédés peu dispersifs. Dans cette étude nous présentons les résultats des mesures surfaciques de 2 cytotoxiques (5-fluoro-uracile (5-FU) et platine (Pt)), d’un CH français qui réalise 7 000 préparations par an, sous isolateur.

Matériel et méthode

Après 2 matinées de préparation (25 préparations/jour : 5-Fu=6 preps / Pt =4 preps), les zones choisies ont été immédiatement essuyées, selon un protocole validé, utilisant des lingettes Kimtech sur une surface de 0.01 m². Les surfaces non planes (gants et poignées) ont été totalement essuyées. Entre chaque prélèvement, les gants du préleveur ont été changés afin d’éviter les contaminations croisées. Pour chaque zone, une lingette par molécule était nécessaire. Après élution, le Pt ont été dosés par ICP-MS (LQ : 2.5 ng) et le 5-FU par HPLC-UV (LQ : 10 ng).
Résultats : Au total 55 lingettes ont été utilisées pour 28 localisations (25 zones stratégiques et 3 paires de gants). 49 prélèvements se sont révélés inférieurs à la LQ. Les prélèvements du sas de sortie se sont montrés positifs : le côté gauche (5-FU : 0.17 µg et Pt : 2.9 ng) et le côté droit plus fortement (5-FU : 0.36 µg et Pt : 10.2 ng), ainsi que le plan de travail de l’isolateur double (5-FU : 0.18 µg et Pt : 2.5 ng), considéré comme témoin positif.

Discussion
Les prélèvements ont permis de montrer que la méthode utilisée permet bien d’identifier la présence de ces molécules (plan de travail isolateur, sas). Le sas le plus utilisé étant le plus contaminé. En dehors de ces points positifs, qui correspondent à des points sensibles de contamination (zone de travail, sortie des poches non sur-emballées), les procédures de décontamination sont correctes. Une prochaine campagne de prélèvements aura lieu en 2020 pour continuer la surveillance et définir si les améliorations des procédures ont permis une réduction des risques de contamination. L’intérêt de la biométrologie est aussi à considérer en complément de ces prélèvements de surface.

(1) http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TF%20255
(2) http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2018/12-13/2018_12-13_7.html

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