Application d’un suivi annuel de la contamination environnementale pour limiter le risque d’exposition professionnelle aux médicaments anticancéreux sur deux sites hospitaliers

A. Acramel1, A. Faucheron2, J. Fouque2, B. Marie3, A. Hurgon1, M. Lafay1, S. Huguet2, K. Rezai2, O. Madar2, L. Escalup1
1. Institut Curie, Département de Pharmacie, Paris et Saint-Cloud, France
2. Institut Curie, Département de Radio-Pharmacologie, Paris et Saint-Cloud, France
3. Institut Curie, Département de Santé au travail, Paris et Saint-Cloud, France

Objectif
Nous avons précédemment réalisé une cartographie exhaustive de la contamination environnementale liée à la manipulation de médicaments cytotoxiques sur 2 sites hospitaliers en y associant un niveau de risque d’exposition professionnelle. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’impact des mesures correctives mises en place.

Méthodes
Une campagne de prélèvement de surface a été réalisée à 1 an d’une première évaluation en considérant les zones précédemment investiguées et d’autres points potentiellement critiques. Les prélèvements ont été effectués selon les mêmes modalités : dosage du cyclophosphamide par LC-MS/MS (limite de quantification : 0,05 ng/cm2 ; limite de détection : 0,01 ng/cm2 ; rendement d’essuyage : 87,5%). Les principaux points (ré)évalués étaient : la décontamination des flacons industriels ; la contamination extérieure des poches de chimiothérapie (manuel vs. automate) ; le risque de contamination croisée entre préparations ; les procédures de décontamination en isolateur et dans la zone de contrôle ; la contamination des zones d’administration, des toilettes (soignants vs. patients) et le nettoyage des surfaces dans les services de soins.

Résultats
Les résultats montrent une diminution importante de la contamination de 2 sources potentielles de contact avec le personnel : les flacons industriels après décontamination ([NQ-92] vs [ND] ng), les préparations de chimiothérapie en manuel ([ND-404] vs [NQ-20] ng) et par système automatisé ([279-4239] vs [41-309] ng). Les procédures de décontamination de la zone de contrôle analytique permettent un maintien à un faible niveau de contamination. Dans les isolateurs, une contamination résiduelle persiste. Concernant le risque de contamination croisée entre les préparations de chimiothérapies des traces ont été retrouvées dans des poches PLACEBO pour 1 des 3 opérateurs évalués.
Dans les unités de soins, les résultats montrent une contamination résiduelle très faible au niveau de la zone d’administration (à l’exception du sol : [ND-27] vs [ND-0,99] ng/cm2). Il en est de même pour l’environnement proche des soignants : pancartes d’accueil patients, DECT et toilettes des soignants [ND-NQ].

Discussion-Conclusion
Ce suivi a permis d’évaluer l’efficacité des mesures correctives mises en place. Dans l’ensemble, les pratiques sont en très nette amélioration au niveau de l’environnement du patient et le risque d’exposition professionnelle des soignants est maitrisé. Des progrès sont encore à faire concernant le bio-nettoyage : le sol reste contaminé, sûrement à cause d’un niveau de contamination important avant la mise en place de ce suivi. Pour maintenir une maitrise de l’exposition, une sensibilisation régulière aux bonnes pratiques est donc nécessaire. L’amélioration ou le maintien de ces taux résiduels seront évalués au cours de la prochaine campagne incluant un nouveau traceur (paclitaxel).

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